DHL l'assure : les riverains de Bruxelles soutiennent les vols de nuit
(13-07-2025)

Cela pourrait passer pour de la provocation côté francophone : le principal opérateur de nuit à Brussels Airport a commandé une étude (la deuxième) sur le sentiment des riverains (surtout flamands) concernant les vols de nuit.

Source : Le Soir (9 juillet 2025)

Pour beaucoup, c'est et ça restera une étude
flamande réalisée à la demande de DHL Express, l'entreprise qui effectue la
moitié des vols de nuit (23 h-6 h) à l'aéroport national de
Bruxelles. Celle-ci conclut que « moins d'un riverain flamand sur cinq est
favorable à une interdiction des vols de nuit » et, globalement, les
riverains reconnaissent aussi le rôle économique important du pôle
aéroportuaire. Et DHL de résumer : « Les riverains sont en faveur de
l'aéroport et des vols de nuit. » Qui a dit « raccourci » ?


C'est la deuxième année d'affilée que DHL demande
cette étude. Elle a été réalisée par une spin-off de la KUL, Indiville qui, sur
son site, explique que sa mission « est de contribuer, aux côtés de ses
clients, à une société meilleure grâce à des idées et des conseils fondés sur
des données probantes. » Le panel de 1.416 riverains a été interrogé via
Bpact, un sondeur en ligne indépendant, avec 64 % des sondés en Brabant
flamand et 34 % en Région bruxelloise, et une répartition de 65 % de
néerlandophones pour 35 % de francophones, 50 % disant vivre sous les
routes aériennes (décollage et/ou atterrissage). Marge d'erreur de 2,6 %.
Rien que ces chiffres, évidemment, vont faire hurler les associations de
riverains francophones sur la proportionnalité des interrogés.


Tout comme les résultats paraîtront,
immanquablement, trop en faveur de ce que DHL veut/peut espérer comme
soutien : les sondés se disent plus gênés par le bruit le jour (trafic
routier, voisins, chantiers et avions) que de nuit, 65 % d'entre eux « déclarent ne subir aucune nuisance sonore entre 23 h et 6 h du
matin », « 33 % estiment que tous les vols de nuit devraient
pouvoir continuer comme ils le font actuellement (42 % en 2024) »,
25 % des personnes voudraient une réduction du nombre de vols de nuit, la
moitié des interrogés estiment qu'une interdiction totale des vols de nuit
n'est pas une bonne idée tandis que 22 % la jugent positive (22 % ni
d'accord ni en désaccord, 5 % ne savent pas). On clôturera avec cette
évaluation politique : « Pour la plupart des gens, la position d'un
parti politique sur l'aéroport n'influence pas significativement leur vote.
Seuls 28 % déclarent que leur position influence leur vote. 38 % sont
explicitement en désaccord. » Les derniers résultats des élections ont
tendance à confirmer que l'aéroport n'est pas/plus un enjeu politique.


Tout ça vient évidemment bien à point pour DHL,
pointé comme l'un des principaux responsables des nuisances sonores nocturnes.
Sauf que le panel ne représente pas proportionnellement l'ensemble des zones
survolées, côté francophone principalement. Comme souvent, l'étude noie un peu
la réalité sous les chiffres, les arguments faciles (les vols de nuit
permettent de transporter des médicaments), la méconnaissance du grand public
des subtilités aériennes, etc.


On reconnaîtra cependant que l'étude a le
bénéfice d'exister. Et l'inévitable mais : c'est avant tout une
étude sur la perception des gens. Elle porte donc sur un sentiment, n'est pas
le reflet d'une réalité tangible. On lui préférerait une étude indépendante de
sonométrie, ou sur l'évolution de la santé par région sur le moyen terme, etc.
Mais quel opérateur privé voudrait la financer ? Ou public ?

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