Taxes aériennes: Ryanair annonce supprimer un million de sièges à Bruxelles et Charleroi
(14-12-2025)

Ryanair a fait part mardi de sa volonté de supprimer cinq avions basés à Charleroi et de vingt liaisons pour son programme hivernal 2026-2027 au départ de la Belgique.

Source : RTBF (9 décembre 2025)

C’est ce qui s’appelle "réduire la voilure" pour faire pression sur les décideurs belges. Ryanair a décidé de supprimer :
  • cinq avions basés à Charleroi,
  • vingt liaisons pour son programme hivernal 2026-2027 à Bruxelles,
ce qui correspond, selon la compagnie, à un million de sièges (soit une diminution de 22%) à Bruxelles et Charleroi. La compagnie aérienne à bas coûts motive cette décision par la volonté du gouvernement fédéral d’augmenter la taxe sur les billets d’avion et de celle de la Ville de Charleroi d’instaurer une taxe communale de 3 euros par passager à l’aéroport de Charleroi.
En juillet, les députés fédéraux ont approuvé l’augmentation de la taxe d’embarquement pour les vols de plus de 500 km à partir de 2027 : 5 euros pour tous les vols à partir de 500 km, vers des destinations comme l’Espagne, le Portugal, la Grèce, le Maroc ou la Turquie alors qu’elle était de deux à 4 euros pour les vols de cette distance. La taxe pour les vols de moins de 500 kilomètres devait rester à 10 euros mais fin novembre, dans son accord budgétaire, le gouvernement fédéral a annoncé que la taxe de 10€ sur les billets d’avion de courte distance (moins de 500 kilomètres) sera augmentée de 0,50€ par an à partir de 2027 jusqu’en 2029.
Par ailleurs, la Ville de Charleroi a décidé que les passagers qui décollent de son aéroport devraient payer une taxe de 3 euros par personne à partir de 2026.
La compagnie low-cost veut clairement faire pression pour annuler ces taxes. "Ryanair appelle à nouveau le Premier ministre De Wever et son gouvernement à supprimer la taxe sur l’aviation, sinon le trafic belge s’effondrera et les tarifs grimperont en flèche, comme cela s’est produit en Autriche et en Allemagne, où les gouvernements ont à plusieurs reprises augmenté les coûts d’accès", écrit la compagnie dans son communiqué. Ryanair dit avoir écrit ce mardi au Premier ministre M. De Wever, au ministre des Transports M. Crucke, à la ministre wallonne des Aéroports Mme. Cécile Neven, ainsi qu’au bourgmestre de Charleroi, M. Thomas Dermine, pour demander l’annulation de ces hausses.?

Le bourgmestre carolo Thomas Dermine a confirmé mardi avoir reçu un courrier adressé par Ryanair au sujet de la menace de suppression de sièges et d’avions basés en Belgique. Selon lui, la taxe communale imaginée, de 3 euros par passager, n’est cependant pas en cause puisqu’elle ne vise pas les compagnies aériennes mais bien l’aéroport de Charleroi et qu’elle a été calibrée pour que celui-ci puisse l’absorber.

Pour le MR, "trop de taxes tuent la taxe"


C’est avec ces mots que le ministre-président wallon, Adrien Dolimont, a réagi à l’annonce de Ryan Air. "Il ne faut absolument pas (la) sous-estimer. Elle est la traduction parfaite de 'trop de taxes tuent la taxe' […] Si Ryanair enlève cinq de ses appareils, c’est 1100 emplois directs et indirects (dont 150 contrats directs à l’aéroport) qui risquent d’être impactés, sans compter les 100 millions potentiels de manque de retombées sur l’économie belge".
Il faut être prudent avec les montants
Pour le libéral, dans le cas présent, il faut distinguer deux niveaux de taxe. "La taxe fédérale (défendue par la majorité fédérale dont fait partie le MR, ndlr) a une portée environnementale et veut donc impacter le comportement des consommateurs dans un objectif de diminution de l’impact CO2 notamment. Mais il faut être prudent avec les montants, ce que nous avons toujours martelé. En moins de six mois, nous sommes passés de deux à dix euros (pour les vols de plus de 500km, ndlr), ce qui est important", a-t-il estimé.
"Mais le deuxième niveau de taxe qu’on voit émerger, c’est cette fameuse taxe communale de trois euros par passager (qu’entend imposer la Ville de Charleroi sur BSCA, ndlr). Ici, le modèle est différent, c’est juste pour remplir des caisses parce qu’on ne veut pas faire suffisamment d’efforts sur les dépenses. Faire croire que celle-ci ne se répercutera pas sur le passager traduit un manque de connaissance complet du business", a ajouté le ministre-président.
Adrien Dolimont a déclaré que le gouvernement régional activerait "tous les leviers disponibles pour tenter de bloquer cette taxe 'Dermine'".

Quel impact concret sur Brussels South Charleroi Airport ?


La ministre en charge des aéroports, Cécile Neven (MR) a, elle aussi, réagi. "On ne peut affaiblir l’un des moteurs économiques majeurs de la Région, à un moment aussi stratégique, alors que l’aéroport doit assumer d’importants investissements pour améliorer ses services et répondre aux exigences". Cécile Neven a demandé à disposer des impacts concrets de cette annonce pour Brussels South Charleroi Airport (BSCA).
"Le gouvernement a apporté de la visibilité à l’aéroport avec un permis solide et un cadre de développement clair. Il serait temps que tout le monde en prenne conscience et soutienne l’aéroport dans le contexte actuel", a-t-elle conclu.
En juillet dernier, le gouvernement wallon a validé le permis d’exploitation de l’aéroport de Charleroi pour les 20 prochaines années. Il prévoit d’étendre ses activités avec davantage de vols : 4000 de plus dans les 6 prochaines années.



retour
remonter