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Projet d'extension de Brussels Airport
(20-04-2025)
500 millions d'euros, un tram et un nouvel hôtel : le méga projet d'extension de Brussels Airport se révèle
Source : Le Soir (18 avril 2025)
L'aéroport de Zaventem dévoile la première phase d'un vaste plan d'expansion. Objectif : accueillir 32 millions de voyageurs d'ici 2032.
L'aéroport de Bruxelles s'apprête à engager 500 millions d'euros, soit le plus important investissement depuis trois décennies, pour un projet qui ambitionne d'accueillir 32 millions de voyageurs d'ici 2032 (en 2024, ce sont près de 24 millions de passagers qui sont passés par l'aéroport bruxellois). Cela reviendrait à augmenter de 30 % l'accueil de voyageurs. Plusieurs chantiers majeurs sont au programme : la création d'un nouveau hub intermodal, l'agrandissement des halls de départ et d'arrivée, la construction d'un nouvel hôtel et d'une nouvelle zone drop off (zone de dépose), ainsi que la création d'un boulevard vert bordé d'un parc. Les travaux devraient débuter d'ici la fin de l'année, avec une échéance fixée à 2032. Lors de la présentation ce vendredi, Arnaud Feist, CEO de Brussels Airport, a précisé que l'aéroport resterait opérationnel pendant le chantier, et qu'une demande de permis sera prochainement introduite pour lancer les travaux.
L'accent mis sur l'intermodalité
Ce projet devrait permettre d'améliorer l'expérience passager tout en rencontrant des objectifs de durabilité, assure le CEO de l'aéroport. « On peut voler plus durablement demain », assure Jean-Luc Crucke, ministre de la Mobilité, du Climat et de la Transition environnementale. « Même dans l'aérien il y a des efforts de durabilité à faire et des progrès vont encore être faits. L'aviation durable n'est pas qu'une ambition, c'est possible. »
L'un des éléments phares du projet est le renforcement de l'intermodalité, avec notamment la création d'un tram et d'un nouvel accès à la gare, censé désengorger l'entrée actuelle. D'autres initiatives visent à limiter l'impact environnemental : recours à la lumière naturelle, à des matériaux durables et à des technologies pérennes.
Ce projet devrait permettre d'améliorer l'expérience passager tout en rencontrant des objectifs de durabilité, assure le CEO de l'aéroport. « On peut voler plus durablement demain », assure Jean-Luc Crucke, ministre de la Mobilité, du Climat et de la Transition environnementale. « Même dans l'aérien il y a des efforts de durabilité à faire et des progrès vont encore être faits. L'aviation durable n'est pas qu'une ambition, c'est possible. »
Des critiques émises
Un discours autour de la durabilité qui ne convainc pas Pierre Courbe, chargé de mission Mobilité chez Canopéa, pour qui le projet ne permettra pas d'atteindre les objectifs climatiques belges et européens. « Si l'on veut vraiment développer les transports en commun, la priorité devrait aller aux déplacements du quotidien », martèle-t-il. « Les investissements nécessaires devraient d'abord permettre aux gens de se rendre à leur travail, à l'école ou à leurs activités, pas à l'aéroport. C'est là que les besoins sont les plus urgents. » Selon lui, verdir l'aéroport équivaut à fermer les yeux sur le gros impact climatique que sont les vols. « C'est surréaliste comme attitude », lâche-t-il. Le médiateur du gouvernement fédéral pour le Transport aérien et l'aéroport de Bruxelles-National, Philippe Touwaide, a également marqué sa déception à l'annonce du projet : « Arnaud Feist ne reprend pas une seule intention environnementale, pas le moindre centime pour diminuer la charge sonore et la pollution. » Il poursuit : « Je n'ai rien contre l'aéroport, mais une société privée ne peut, en 2025, vouloir développer son activité économique sans le moindre effort concret au niveau environnemental. »
Lors de la présentation, Arnaud Feist a précisé que certains vols courts seront remplacés par des trajets en train. Insuffisant, selon l'expert de Canopéa. En 2022, en Belgique le secteur des transports terrestres a émis environ 24 millions de tonnes d'équivalent CO2, le secteur aérien à lui seul en a émis 5,3 millions. Pour Pierre Courbe, le constat est sans équivoque : « L'expansion de l'aéroport revient à augmenter le trafic aérien, cet objectif ne doit plus être poursuivi si l'on veut réduire l'impact environnemental. »
