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Les collectifs citoyens mettent en garde contre des trajectoires de vol « rampantes » au-dessus de Bruxelles
(27-12-2025)
Les collectifs citoyens craignent que les routes de survol temporaires ne soient silencieusement ancrées au-dessus des domiciles de centaines de milliers de résidents bruxellois. Une pétition contre cette nuisance a déjà recueilli huit cents signatures.
Source : Bruzz (26 décembre 2025)
Depuis l’été dernier, les soi-disant « trajectoires de vol RNP 07R/07L » causent davantage de nuisances dans les quartiers densément peuplés de Molenbeek, Koekelberg, Jette, Bruxelles, Schaerbeek et Evere. Les routes RNP permettent aux avions d’atterrir en ligne droite avec une grande précision.
« Ces itinéraires violent les normes de bruit de Bruxelles et mettent en danger la santé et la sécurité de centaines de milliers d’habitants », indique une pétition de « Free Air Brussels North » et « Stop Survol Bxl Nord et RNP 07L ». La pétition a recueilli plus de huit cents signatures vendredi après-midi.
« Pelle sur le dessus »
Le ministre fédéral de la Mobilité Jean-Luc Crucke (Les Engagés), l’Autorité belge de l’aviation civile (BCAA), Skeyes et Brussels Airport Company travaillent « en secret » pour sceller ces trajectoires, qui feraient voler plus de 400 000 résidents bruxellois en cas de vent d’est.
« Bien que des routes alternatives existent depuis vingt ans et que nos quartiers soient déjà intensément surchargés, ils veulent aggraver cela en imposant un itinéraire dangereux, bruyant, injuste et antisocial, au bénéfice de la périphérie flamande et wallonne », lit-il.
La critique porte également sur la manière dont la mesure est introduite. Lors des travaux d’infrastructure à l’été 2025, les lignes RNP 07 ont été temporairement utilisées.
Ce programme temporaire a depuis été prolongé jusqu’à la fin 2025, puis jusqu’au printemps 2026. « C’est une installation rampante : d’abord temporairement, puis définitivement », disent les collectifs. Il n’y aurait jamais eu de consultation avec eux ni d’évaluation publique.
« Jour et nuit »
Les collectifs font référence à des recherches internationales qui relient l’exposition prolongée au bruit des avions au stress, aux troubles du sommeil, aux maladies cardiovasculaires et aux difficultés d’apprentissage chez les enfants. De plus, Bruxelles est déjà l’une des capitales les plus bruyantes d’Europe aujourd’hui, disent-ils.
« S’il n’y a pas de contre-réaction maintenant, ces routes deviendront définitives et Bruxelles sera survolée jour et nuit en cas de vent d’est, parfois toutes les deux à trois minutes », craignent les collectifs. C’est pourquoi les initiateurs de la pétition réclament, entre autres, un moratoire sur chaque itinéraire RNP 07 au-dessus de Bruxelles, une enquête sur les alternatives et une mobilisation de la région de Bruxelles et de ses maires.
Réponse de l’ombudsman
Le bureau du ministre Crucke n’était pas disponible pour une réponse, mais Philippe Touwaide, l’ombudsman fédéral de l’aviation, déclare que l’itinéraire d’approche RNP 07 n’est pas une décision nouvelle ni politique. « La procédure a déjà été appliquée en 2016, 2018 et 2020 et est obligatoire par la réglementation européenne depuis le 25 janvier 2024 », semble-t-il.
Selon Touwaide, l’itinéraire est légal, ne nécessite pas de consultation publique et il n’existe actuellement aucune alternative en raison du vent d’est persistant. « Les avions doivent atterrir contre le vent. C’est une nécessité technique et météorologique, pas un choix conscient de survoler certains quartiers. »
Il s’attend à ce que d’autres terrains puissent être utilisés à nouveau à partir de samedi, si le vent change.
