Différences de prix entre l'avion et les autres moyens de transport
(21-03-2025)

Comment expliquer les différences de prix entre l'avion et les autres moyens de transport ?"

Source : RTBF (27 février 2025)

C'est un constat qui n'est pas neuf, mais qui est souvent fait, à raison : voyager en avion est presque toujours moins cher qu'en train, il y a quelques exceptions mais elles sont rares.
Pour reprendre l'exemple de Marseille cité par Laurent, nous avons réalisé une simulation pour nous y rendre du vendredi 14 mars au dimanche 16 mars prochain. En train, le prix est de 378 eurosAlors qu'en avion, avec une compagnie classique, filiale belge d'un groupe allemand, c'est 193 euros, pratiquement la moitié. Et avec une compagnie low-cost irlandaise, le prix du billet le moins cher est 52 euros, à condition de revenir très tôt le dimanche matin (ce qui fait donc perdre une journée sur place) et sinon, pour un retour en fin de journée, ce sera 102 euros.
Ce qui, de toutes façons, est nettement moins cher que le train.
Comment justifier cette différence de prix ? Par de nombreux facteurs, sinon ce serait évidemment trop simple.
Le premier de ces facteurs, il est historique, c'est le statut fiscal du transport aérien.
Depuis la signature de la convention internationale de Chicago en 1944, il est interdit de taxer le carburant des vols internationaux. A l'époque, où n'existaient que des "flag carriers", autrement dit des compagnies "nationales" (Sabena, Air France, British Airlines, …), c'était une mesure censée favoriser le trafic international. On pourrait se dire que c'est aujourd'hui totalement dépassé et qu'il faudrait donc modifier cette convention.
Et c'est là qu'est l'os. Non pas qu'il n'y a pas d'hélice hélas, mais il faudrait l'unanimité des 191 membres de l'OACI, l'organisation de l'aviation civile internationale. Ce qui est hautement improbable, pour ne pas dire impossible. 
Deuxième élément à prendre en compte, c'est la dérégulation du secteur de l'aviation, dans les années'80, qui vu arriver de part et d'autre de l'Atlantique de nouveaux acteurs, dont les compagnies low-cost. Et cela s'est concrétisé par la mise en place de nouveaux modèles économiques, basés sur une chasse aux coûts et sur une productivité maximale des avions et du personnel.
Troisième facteur, non négligeable, le transport aérien est aujourd'hui mondialisé. Pas question donc d'imaginer des mesures qui ne s'appliqueraient qu'au niveau européen par exemple. Cela a été envisagé par l'Europe, qui a vite réalisé que c'était impossible, à défaut d'un accord mondial.
Et puis il y a l'incontournable paramètre des infrastructures. Un avion a bien sûr besoin de deux aéroports, mais le train ne peut se contenter de deux gares : il a besoin d'une infrastructure ferroviaire tout au long du parcours, qui doit être régulièrement maintenue et développée, c'est bien plus coûteux.
Conclusion, ce match entre l'avion et le train ne peut pas être gagné par le train, sauf si les dirigeants de la planète entière parviennent à se mettre d'accord pour inverser les choses. Et pour le moment, ce n'est pas à l'ordre du jour.

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