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Bataille en vue pour l'actionnariat de Brussels Airport
(31-01-2025)
Article par Michael Sephiha et Benjamin Everaert
Source : L'Echo (30 janvier 2025)
Le groupe australien Macquarie s'intéresse aux 29% d'OTPP dans Brussels Airport. Toutefois, les actionnaires actuels ont encore la possibilité de s'y opposer.
Brussels Airport a-t-il trouvé son nouvel actionnaire? Le fonds de pension canadien OTPP, principal actionnaire privé de l'aéroport de Bruxelles, a annoncé à la fin de l'année dernière son intention de céder sa participation dans Brussels Airport ainsi que dans plusieurs autres aéroports européens.
Outre Brussels Airport, OTPP détient des participations dans trois aéroports britanniques - London City, Birmingham et Bristol - et, jusqu'à récemment, dans l'aéroport de Copenhague au Danemark.
Cependant, le gouvernement danois a racheté la participation du fonds canadien dans la société cotée Copenhagen Airports KBHL, détenant désormais 98 % des actions. Les autres participations aéroportuaires du fonds canadien restent sur le marché.
Macquarie a déjà manifesté son intérêt pour ces actifs. Ce nom est bien connu des observateurs du secteur aéroportuaire, car le groupe australien a été pendant de nombreuses années le principal actionnaire de l'aéroport de Bruxelles. Il a progressivement réduit sa participation de 75 % en deux étapes: d'abord en 2011, puis en 2019 (voir ligne du temps).
Flux de trésorerie considérables
Les investisseurs montrent un appétit croissant pour les actifs tels que les aéroports, alors que le trafic aérien international s'est fortement redressé ces dernières années après la crise du Covid-19.
Les investisseurs à long terme sont prêts à investir massivement dans ce type d'actifs, qui génèrent des flux de trésorerie considérables.
Pierre Klees, ancien dirigeant de Brussels Airport, disait il y a quelques décennies, à titre de boutade, qu'on pouvait perdre de l'argent dans tous les métiers du secteur aérien, sauf dans les aéroports.
Droit de préemption
Cependant, aucun accord n'est encore en vue. Notamment parce que les actionnaires existants pourraient encore mettre des bâtons dans les roues des Australiens.
Ils disposent encore de quelques semaines pour exercer un droit de préemption, éventuellement avec un nouveau partenaire. Quoi qu'il en soit, l'Etat belge conserverait sa minorité de blocage.
Lorsque les fonds Macquarie ont quitté Brussels Airport en 2019, la transaction valorisait l'aéroport - dettes comprises - à plus de 7 milliards d'euros. Cela correspondait à environ 21 fois le bénéfice d'exploitation brut (ebitda) de Brussels Airport pour l'exercice 2018. Ce prix était en ligne avec des transactions comparables récentes.
Mainmise de l'Etat
Il n'est pas surprenant que le gouvernement souhaite garder une mainmise. L'aéroport national est, après le port d'Anvers, le deuxième moteur économique le plus important de la Belgique et revêt donc une importance stratégique pour notre pays.
Les activités économiques, sur et autour de Brussels Airport, contribuent à hauteur de 8,8 milliards d'euros au produit intérieur brut belge. Près de 65.000 personnes gagnent directement ou indirectement leur vie grâce à l'aéroport.
La Flandre détient une participation indirecte de 1,8% dans Brussels Airport via un consortium mené par l'investisseur public PMV. Ce consortium comprend également les fonds de pension des secteurs de la construction et de la métallurgie, l'assureur Patronale, ainsi que le fonds d'infrastructure Epico, géré par PMV.
En 2023, l'aéroport a poursuivi sa remontée après la crise du covid, affichant un chiffre d'affaires de 705 millions d'euros et un bénéfice net de 56 millions d'euros.
Brussels Airport remonte la pente
Brussels Airport a enregistré une bonne performance l'année écoulée. Le nombre de passagers a augmenté de 6,4%, atteignant 23,6 millions, tandis que le volume de fret transporté a progressé de 4,6%, atteignant 733.000 tonnes.
Cependant, le nombre de passagers est toujours 10% sous son niveau d'avant le covid. Arnaud Feist indiquait dans nos colonnes récemment que le retour au dividende sera pour l'année 2025, et donc payable en 2026.
Brussels Airport a récupéré la toute grande majorité de destinations que l'entreprise possédait avant la pandémie. Elle en possède aussi de nouvelles. En 2024, l'aéroport a relancé une série de destinations comme Nairobi, Singapour ou Bangkok. Bruxelles est aussi reliée en direct à Hong Kong, Schenzen, Shanghai, Pékin ou Curaçao.
En 2023, l'aéroport a poursuivi sa remontée après la crise du covid, affichant un chiffre d'affaires de 705 millions d'euros et un bénéfice net de 56 millions d'euros. Le détail financier pour 2024 n'est pas encore disponible.
